En 1900, je terminais ma médecine. Je quittai Paris au mois d’août pour me rendre au Sanatorium de Waldensee, près de Berne, en Suisse. [...]
Frais émoulu de la Faculté et jouissant d’une certaine notoriété de bon aloi que ma thèse sur le chimisme des maladies du subconscient m’avait value chez les spécialistes, j’étais impatient de secouer le joug de l’École et de porter un coup éclatant à l’enseignement officiel.
[...]
En tant que chapitre spécial d’une philosophie générale, la pathogénie n’avait jamais été tentée. A mon avis, elle n’avait jamais été abordée d’une façon strictement scientifique, c’est-à-dire objectivement, amoralement, intellectuellement. Tous les auteurs qui ont traité de la question sont remplis de préjugés. Avant de rechercher et d’examiner le mécanisme des causes morbides, ils considèrent la “maladie en soi”, la condamnent comme un état exceptionnel, nocif, et indiquent de prime abord les mille et une façons de la combattre, de la troubler, de la supprimer, définissant, pour cela faire, la santé comme un état “normal”, absolu, fixe.
Les maladies sont. Nous ne les faisons, ni ne les défaisons à volonté. Nous n’en sommes pas maîtres. Elles nous font, nous modèlent. Elles nous ont peut-être créés. Elles sont propres à cet état d’activité qui s’appelle la vie. Elles sont peut-être sa principale activité. Elles sont une des nombreuses manifestations de la matière universelle. Elles sont peut-être la principale manifestation de cette matière dont nous ne pourrons jamais étudier que les phénomènes de relation et d’analogie. Elles sont un état de santé transitoire, intermédiaire, futur. Elles sont peut-être la santé même.
Cendrars criticises the medical discourse on mental illness through the character Raymond la Science. Raymond studies medicine and wishes to specialise in the study of mental illness, but his encounter with Moravagine upsets him profoundly. He abandons this path and his conception of madness changes radically: mental illness is no longer exceptional, but is part of life. Cendrars himself had attended medical classes at the University of Bern. He undoubtedly drew on his experience and reading to write Moravagine.

Les « Notes sur la pathogénie », qui constituent un article publié en 1920 dans la revue littéraire Action, révèlent l’intérêt que Cendrars portait aux mécanismes et aux causes des maladies mentales.
Author
Blaise Cendrars
Date
1920
Medium
Magazine
Place of conservation
Bibliothèque nationale suisse
Cote
Cendrars, O 68, 4b, p. 75.
Credits
Collection Miriam Cendrars/Succession Cendrars

En 1908, Frédéric Sauser est inscrit en Faculté de médecine à l’université de Berne, en tant qu’auditeur. Les cours qu’il suit ne sont toutefois liés ni à la psychiatrie ni à la Waldau.
Date
1908
Medium
Registration book
Place of conservation
Archives cantonales de Berne
Cote
BB IIIb 775

Dans ses cahiers, Cendrars transcrit des poèmes, des pensées, des extraits d’ouvrages consultés. Le jeune homme est un lecteur curieux, s’intéressant à la littérature, autant qu’à des textes de biologie, de physiologie ou de chimie.
Author
Blaise Cendrars
Date
circa 1907
Medium
Notebook
Place of conservation
Bibliothèque nationale suisse
Cote
Cendrars P 1, ff. 79
Credits
Collection Miriam Cendrars/Succession Cendrars